Quelques reflexions sur le disco, les gays et ce qu’on peut faire à Paris (1/2)
Lundi 30 juin 2008Tags : gay, queer, reflexion
Déjà merci à tous ceux qui sont venus samedi pour soutenir le Disco très Paradise Garage d’Emmanuel Caurel et ma sélection spéciale Bains (j’ai fait un enregistrement, mais la table était saturée, j’ai 2h30 inaudible…).
Quand j’ai annoncé ma soirée des Bains sur mon mailing, j’ai eu moultes retours de la part de mes habitués, heureux de me voir dans ce lieu emblématique de la nuit gay parisienne. Certains me disaient être plus à l’aise aux Bains plutôt qu’au Nouveau Casino. Et ce qu’ils veulent ce sont deux choses : se sentir plus “secure” dans un lieu homo pur et dur ET entendre la musique qu’ils aiment tant et qu’on n’entend qu’à la DiscoQueer, qui a lieu au Nouveau Casino
Du paradigme de la musique et de la faune
Ce que j’ai remarqué chez les homos, filles ou garçons, et que rares sont ceux qui se déplacent spécialement pour une musique. Ceux là sont les plus “courageux” et bravent les réticences qui touchent une bonne partie de la majorité, à savoir un certain inconfort à être avec des hétéros, des banlieusards, des monsieur et madame tout le monde, des “beaufs”, des rastas et j’en passe. Je pense que ce ne sont pas les gens en eux-mêmes qui dérangent, mais l’attitude de certains : un regard étonné, des moqueries avec des rires débiles, la sensation qu’on ne vous fond pas dans la foule. Certains homos veulent aussi rencontrer avant tout d’autres gays, c’est un peu normal aussi, les hormones c’est partout la même chose (Certains se plaignaient qu’il n y avait pas assez de filles à la discoqueer, remarque d’un hétéro.. ça a bien sûr énormément changé !!
) quand on est en recherche quelque chose, on sort le chercher quelque part (de belles filles à mater, des mecs pour un soir, un futur mari pour la vie, la mère très problable de vos enfants… etc.. etc..). Ce qui ceci dit, est mieux que de rester devant un ordi pendant des heures.. ou bien se plaindre de ne rien trouver sans bouger son popotin de chez soi.
J’étais parfois peinée d’entendre des reflexions d’habitués du genre “la fille me regardait bizarrement à cause de mon pantalon moulant et de mon débardeur long rayé”. j ai bien compris mais cette confrontation à la différence, elle est essentielle pour braver les attitudes débiles, les remarques banalisées (”t’as vu la tapette ! moi aussi je peux faire la même chose” “y’a trop de pétasses ici” “attends ils s’embrassent là??” “y’a trop de filles ici” “y’a trop de mecs” etc…). Et je veux vous dire que cette soirée est la vôtre et que ce n’est pas à vous de partir, mais à eux/elles de vous accepter, comme vous êtes.
Et la musique dans tout ça ?
Pour le disco que je propose, je veux un cadre qui lui rende le plus grand honneur. Un lieu comme le Nouveau Casino est pour moi adéquat pour vous restituer la puissance et la richesse du disco. La disco n’est pas de la tech-house où en revenant toutes les heures, vous avez l’impression d’entendre la même chose. Elle demande un réglage fin de la sound-system et un rendu sur tous les instruments, des cordes aux cuivres, de la batterie, des keyboards analogiques, des voix souls, des choristes etc… Des dizaines de personnes ont dû prendre des années de cours pour maîtriser leur instrument. Ils sont dirigés par des professionnels lors de l’enregistrement. Des ingénieurs de son studio veillent à la fidélité du son. Des arrangeurs, des remixeurs etc.. vont adapter, reconstruire la chanson enregistrée. Comprenez qu’une musique faite à partir d’un ordinateur qui fait presque tout, ce n’est pas la même chose.
Mon objectif clair est de donner au Disco cette chance historique d’être encore partagée, entendue, pleinement ressentie dans toutes ses variations, et en particulier de la façon dont on l’a peu entendue dans Paris en tout cas.




